beaux arts et arts plastiques avec Zine El ABIDINE EL AMINE vit et travaille à Azemmour. Son travail se présente sous la perspective chromatique : une dominance de la couleur, formes et matière équilibrent musicalement l'espace de la toile. peintres peinture peintures peintre marocain ZINE ABIDINE EL AMINE MAROCAIN plasticien plasticiens beaux arts Mes débuts artistiques Est-ce un héritage familial ? Je ne sais pas. Mon grand-père était ébéniste, mais mon père est un théologien. Cela me vient donc, peut-être, de mon ancêtre. Mais je dois avouer que nous sommes déjà quatre frère plasticiens. Je suis né dans une famille d’artistes. Mon frère Ahmed El Amine n’est pas un inconnu de la scène artistique marocaine. C’est dans son atelier que je passais mon temps pendant ma jeunesse. Cela n’a donc pas été difficile de choisir des études artistiques. Ma démarche plastique Lors de ma première exposition à Casablanca en 1998, j’ai présenté un travail qui était fortement influencé par la manière de faire de mon frère : la matière et la couleur. Plus tard, j’ai eu l’occasion d’aller travailler à Ouarzazate en qu’enseignant des Arts Plastiques. L’espace même de la ville et de sa région ont fait que ma palette et ma démarche ont changé. J’ai entamé un travail sur la transhumance. Le chromatisme de mes tableaux s’est transformé aussi. Mais depuis que j’ai perdu un être cher, ma grand-mère, mon travail a pris une autre direction. A propos de ma peinture D’emblée, le travail de Zine El Abidine EL AMINE se présente sous la perspective chromatique. Une dominance de la couleur distingue la démarche de ce jeune artiste. A partir d’une couleur, bleu, jaune, ocre, rouge ou encore vert, il semble vouloir construire ses tons et ses rapports sur la toile. Il travail exclusivement à l’acrylique. Il combine lui-même ses pigments tout en les remontant et en les poussant à la limite de leur possibilité. Cette tendance donne parfois un travail dense et obscur où la lumière s’absente et s’éteint ; est-ce le miroir de l’âme de l’artiste ? Par ailleurs, et afin de donner une lisibilité à sa peinture et de l’éclairer aussi bien pour l’œil que pour la lecture, l’artiste introduit des éléments chromatiques et graphiques. L’artiste génère de ses couleurs initiales leurs nuances, ou encore les complémentaires de ces mêmes nuances, avant de les appliquer en petites touches lumineuses, en vue de cadencer le rythme des contrastes et des dégradés chromatiques. Il introduit des éléments graphiques et architecturaux afin de donner un équilibre rythmique, c’est-à-dire musical, à sa toile. L’œil peut alors papillonner ou glisser voluptueusement sur la surface sans nul besoin d’une lecture intellectuelle. Zine El Abidine EL AMINE intègre enfin des éléments symboliques tirés du patrimoine marocain aussi bien arabe que berbère. Ces motifs appartiennent habituellement à divers support destinés à l’utilisation : le tapis, la céramique, le mur, les bijou… Leur intervention sur la toile nécessite le changement de ce support et la métamorphose de la matière / peinture. Introduits sous formes d’éléments graphiques ou appliqués à un autre support, ils sont mis en jeu, pour donner une lisibilité au travail. S’agit-il de faire allusion à l’identité culturelle de l’artiste ou de la volonté d’appartenir à une tendance dans la peinture marocaine, celle du patrimoine ? A ce niveau du travail, le support devient rugueux et la matière dense ; la déclaration chromatique cède la place à la méditation intellectuelle. Vacillant entre ces trois niveaux, Zine El Abidine El Amine présente un travail qui promet beaucoup tout en portant en lui-même un intérêt esthétique certain. Moulim Laâroussi Des couleurs sacrilèges… « La peur de la toile blanche est là, à chaque fois, incontournable, rédhibitoire … » tels furent les propos de l’artiste interrogé sur ses travaux. Dans un premier temps, il colore l’espace où ressusciteraient des formes, des éléments défigurés, des façades de villes-cénotaphes, le souvenir de lieux tournés vers l’immatériel. « …C’est cette Pensée Verticale qui conduit l’imagination technique… » Dirait Monsieur Alhyane. Horizons immaculés ou pensée verticale ? Le sujet étant difficile et sans importance pour Zine El Abidine EL AMINE, l’expérimentation de la couleur résulterait de cette méconnaissance- là.Comment circonscrire -néanmoins- les intervalles de l’imagination ? Le choix des couleurs est nécessairement lié à ses obsessions (bleues ou incolores), à ces seigneuries oniriques qu’il démantèle, aux perspectives où il est au plus profond de lui-même, et cela quoique il fasse, si loin ou si près qu’il soit des choses. expérience audacieuse Zine El Abidine El Amine nous présente une expérience audacieuse qui s’apparente à une fleur qui fait vibrer ses pétales tel un papillon en quête d’une place au paradis de la couleur.La partie de jeu de la peinture devient un enjeu multirisque non dénudé de gourmandise chromatique. La lumière est observée en tant que règle de transgression d’un espace étouffant où la monotonie est assurée par la lourdeur des pigments. Cette méthode nous restitue un contre jour plausible chérissant la lumière. Derrière cet espace, qui pleure en larmes suspendues, se cache une revendication de filaments parodiant des stalactites et des stalagmites, mémorisant une géographie interne un peu intime où la brise romantique plaide coupable. Telle une marque déposée, un carreau magique à l'allure de talisman transperce l’écriture plastique rendant pêle-mêle une situation de fête et de tristesse qui malgré les semblants feux d’artifice déjà cultivés et activés, n’arrivent que péniblement à cacher des angoisses. Ce carreau, également en posture de totem spiritualise le contexte. Ainsi cet élément, telle une tablette intrigante intègre une sorte de puce commandant toute l’enceinte de l’oeuvre dans des soucis de programmation achevée. Un monde criblé de petit carreaux de lumière jaune et orange prêchant l’espoir dans un océan de silence. Le bleu en camélion devient un joker parant à toute les balades hésitantes sur le visage de la toile, allant du néan aux sigifications les plus heureuses. Le bleu se métamorphose à sa guise, mais continue à jurer sa fidélité au ciel. Les traits, par contre, présentent dans leur danse magique, une sincère allégeance aux guirlandes. Ce peintre nous offre tout bonnement, une perspective prometteuse où le langage est très dense et le lexique est abondant et où le dernier mot n’est pas encore dit.Abdelmejid Hannaoui