Danse hip hop, battle et culture urbaine

Pour mon 2ème article, permettez-moi de parler de culture urbaine, plus spécifiquement de danse hip hop, encore plus particulièrement de battle Et quoi de plus emblématique que de revenir à ma source en parlant du seul gros battle de Besançon: Énergies Urbaines.

 

Juste pour l’historique et un peu d’histoire, ce battle existe depuis 2004. Les organisateurs, Tazi et Sergio, voulaient proposer un battle digne de ce nom dans le 25 et se sont débrouillés, à la sueur de leur front et de leurs dos ronds pour faire grossir l’événement pour qu’il puisse se tenir désormais dans cet immense Palais des Sports que la ville de Besançon possède.

 

Voilà pour le décor Mais passons aux choses sérieuses. Plutôt que de vous parler du battle, décortiquer les pools, critiquer les shows et décisions du jury, je vous propose de vous décrire l’ambiance à laquelle vous pouvez vous attendre lorsque vous vous rendez dans un battle comme celui-ci (lire entre les lignes et mon langage de snob: « dans un gros battle de province » 😉 )

Tout d’abord, attendez-vous à un endroit sombre, rempli à 80% d’humains issus de quartiers (oui, au sens péjoratif du terme j’avais prévenu: lisez entre les lignes, zut!), avec de la musique forte et plein d’agitation partout!

 

Perso, je me sentais plutôt à l’aise Genre «Moi, ram’doulila, ça va, la bess, la famille, les enfants, toussa toussa » Bref, même si je suis venue seule à ce battle, ça faisait juste quelques années que je n’avais pas foulé cette terre de mes ancêtres, ressenti cette odeur de transpiration, cette énergie venant de mes racines revu beaucoup de gens, connus au détour d’une marelle ou encore de la salle d’entrainement… Donc en gros, je savais que cet événement annuel était THE PLACE TO (not) BE alone et inconnue Retour à la maison, en quelque sorte.

Mais c’est surtout qu’en fait, je vais vous décrire ce qui vous attend si vous avez le fameux bracelet magique, qui vous donne accès à tout un tas de privilèges, dont celui à la salle de ravitaillement et l’incruste sur le parquet des danseurs pour une vue imprenable sur le dancefloor !

 

Bracelet tout pourri typique d’un battle ou d’une soirée, que j’ai pris l’habitude de garder au minimum 12h sur moi après l’événement (Vous avez parler de troubles du comportement liés à l’abandon, au renoncement, à la séparation matérielle?!)

Pour le déroulement du battle, il est en principe le même pour tous: des shows de danse des écoles du coin (ou de crews indépendants, mais ici, ce n’était pas le cas) pour laisser respirer les danseurs et divertir le public (pour surtout vendre encore plus de places, dont des places aux parents, grands-parents, oncles, tantes etc… qui viendraient encourager leur progéniture 😉 )

 

C’est d’ailleurs ainsi que j’ai découvert qu’aucun parent ne voit d’inconvénient à inscrire son enfant dans un groupe qui s’appellerait « LSD »… Traduction : Last Street Dance, surement un mix entre Street Dance et The Last dance. Mais bon, « ils s’épanouissent tellement…» (ndlr : encore une fois, cette citation est tirée de mon mental…)

 

Viennent ensuite les présentations des jurys. En général, attendez-vous aussi à les voir faire une petite démonstration.

Je vous avertis d’ailleurs : les jurys sont bien souvent choisi pour leur palmarès et il leur arrive de venir juger alors qu’ils sont blessés ou autre. (Le cas pour Fabrice de Figure 2 Style, juge en breakdance). Donc ne vous attendez pas à un show de malade. C’est juste un passage histoire de dire qu’ils savent (encore) danser et basta. Et puis si vous n’êtes pas contents, j’ai un peu envie de vous dire : « y’en a beaucoup des arbitres qui mettent des buts avant les matchs ?! » (Non, je déconne, rien à voir, c’est un autre débat, qui n’aura pas lieu ici en tout cas).

Allez, pour vos beaux yeux, voici les postérieurs des juges de la catégorie New style…

 

A noter la netteté du cliché… Oui, parce qu’en fait, lorsque vous avez un bracelet qui vous permet d’éviter la plèbe et de côtoyer les grands noms, vous avez aussi parfois la mission de filmer pour eux leur passage etc… Bref, vis ma vie de couteau suisse 😉

Une fois que vous savez qui juge, les hostilités commencent. Je veux dire les battles, hein.

Suivant le niveau des groupes, attendez-vous à parfois dormir, parfois sur sauter (oui, sur//sauter, comme si vous aviez des hémorroïdes et que votre chaise s’était soudainement électrifiée mais en fait non, c’est juste que ce que vous voyez, vous n’en croyez pas vos yeux !) et n’oubliez pas de vous lâcher niveau cordes vocales et clap de mains.

En effet, pour en avoir parlé avec un des jurys et pour l’avoir vécu, l’énergie que vous renvoie le public est capitale pour vous sentir à l’aise et « performer » au mieux. Et plus la salle est grande, plus c’est impressionnant, autant pour vous que pour nous. Donc il en faut du bruit, de l’excitation pour que l’énergie traverse tout cet espace et nous booste, petits moineaux que nous sommes sur cette scène ! Vous voyez un peu ce que je veux dire ? Regardez :

 

Et là en plus, on ne voit que les danseurs autour de la scène, même pas les gradins

Si toutefois le show vous intéresse moyennement, il y a toujours un espace shopping pour acheter moult goodies. Du genre des teeshirts, casquettes etc… Mais attention, cet endroit s’est avéré un peu la succursale du quartier, avec tous les squats qu’on peut imaginer ainsi que la mise en liberté de petits (et petitEs!) du tièks, ou autre, d’ailleurs. En gros, un endroit où on ne traine plus passer 16ans.

Mais j’ai tout de même bravé l’épreuve du temps et m’y suis rendue, en particulier pour me payer une bonne tranche de discussion avec de vieilles branches, perdues de vue depuis quelques années… OK, sous cette phrase alambiquée, je voulais simplement dire que j’ai passé pas mal de temps à rigoler avec en autres Mr Cédric du groupe Figure 2 style que je n’avais pas revu depuis un bail.

 

 En fait, vous l’aurez compris, je n’ai pratiquement rien suivi du battle (sauf les demi-finales et les finales, quand même, on se respecte un peu, OH !). J’étais plutôt en balade dominicale pour revoir plein d’anciens copains ! Et comme je n’avais aucune pression, que j’étais un peu comme à la maison, j’en ai profité pour rencontrer de nouvelles personnes, genre Kareem des Vagabonds, juge venu de Sacramento.

Et surtout discuter enfin de vive voix avec des personnes que j’ai en amis Facebook mais que je n’avais pas encore eu l’occasion de croiser dans la vraie vie comme le photographe Homard Payette ou la danseuse Leeza…

Mais remarquez, c’est fait aussi pour ça les gros événements. C’est comme une grosse réunion de famille où on prend le temps de kiffer et discuter avec tout le monde, prendre des nouvelles etc…

 

Bon, tout de même, je vous annonce les vainqueurs : Leeza et Moïse en Newstyle et le groupe Arabic flavor en Break. Ca ne vous dira rien mais ce n’est pas grave, je vous laisse le choix de les google-iser ou pas 😉

Bref, j’espère vous avoir donné un peu envie de découvrir ce genre d’événements, toujours riches en rebondissement… Mais encore un petit conseil : allez-y sans vous attendre à quelque chose en particulier car c’est aussi ça qui fait notre vie, il y a souvent des surprises 😉 Et pas la peine de mettre plus de 15euros (10euros en province) pour découvrir de bons battles…

Allez, sur ce, bisous !

Et bonnes pâques !

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