Devenir maman alors qu’on est au chômage

Devenir maman alors qu’on est au chômage, ce n’est pas une mince affaire ! Et je sais de quoi je parle pour être dans ce cas de figure. Dans mon article Chichiteuses versus guerrière,   je vous disais qu’étant mon propre patron, il m’était plus facile d’organiser mon temps et de vivre ma grossesse à mon rythme. Par exemple, au moment où j’écris cet article il est 4 heures du matin. Et comme je n’arrivais plus à dormir, j’ai décidé de me mettre au travail. Ce qui ne me pose pas de problème car je sais qu’en cas de fatigue, je vais pouvoir m’accorder un petit moment de pause dans la journée.

Etre mon propre patron ne signifie pas pour autant que mon activité soit rémunératrice et me permettent de vivre, du moins pour l’instant. J’ai en effet crée mon auto-entreprise au mois de Septembre dernier (un mois avant de tomber enceinte). Diplômée en Septembre 2012, je fais partie de ces jeunes qui malgré un haut niveau de qualification n’ont toujours pas trouvé d’emploi dans leur secteur d’activité. Je ne parle pas de job alimentaire en attendant « the job de ta life », mais bien du premier emploi qui propulse ta carrière de femme active, moderne, intelligente et déterminée à concilier vie pro et vie perso !

Depuis l’obtention de mon diplôme, j’ai eu l’occasion de jobber dans différents secteurs. J’ai été professeur d’espagnol, animatrice en centre de loisir, assistante d’aide aux devoirs, extra en hôtellerie, hôtesse d’accueil en entreprise, bref je n’ai pas chômé ! Mais tous ses métiers ne correspondent en rien à mon cursus universitaire ni même à mes aspirations professionnelles. Pour autant, je n’ai pas hésité à accepter des postes à chaque fois que j’en ai eu l’occasion tout en continuant à postuler et candidater sur des offres d’emploi correspondant à mon projet.

Dernier emploi en date ; un CDD d’un mois qui s’est terminé à la fin du mois de Janvier. Lorsque j’ai demandé à rencontrer la Rh pour faire le point sur mon expérience au sein de l’entreprise, on m’a gentiment informé qu’au vue de ma grossesse et de mes quelques absences (justifiée médicalement et en bonne et due forme), on ne me proposerait pas de prolongation de contrat. (Si si vous avez bien entendu ! Mais nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours et en matière d’emploi et d’insertion professionnelle des femmes dans le monde du travail il y a encore de nombreux progrès à faire !). L’objectif de ma démarche n’était absolument pas d’être prolongée mais de faire le point sur mon vécu au sein de ce poste. Je ne me suis donc pas laissée abattre et j’ai fais mon petit débriefing au téléphone sans oublier de remercier l’employeur pour cette expérience et sans omettre non plus de rappeler qu’en tant qu’employée (enceinte certes) je m’étonnais que ma grossesse soit un frein à la prolongation du contrat au vue de la qualité de mon travail et de mon professionnalisme (bla bla bla…), mais que je comprenais la décision prise.

En réalité je ne comprends pas qu’une femme soit lésée dans son parcours professionnel sous prétexte qu’elle soit enceinte, et ce malgré la qualité de son travail, son investissement et son professionnalisme, mais ça, c’est un autre sujet qui me tient particulièrement à cœur et que j’aurai l’occasion d’évoquer dans un autre article.

Depuis l’obtention de mon diplôme, je connais donc des périodes d’emploi (précaires) et des périodes sans activité (selon la compréhension sociale que nous avons de l’inactivité !) Cela n’a rien d’évident de se retrouver au chômage surtout lorsque l’on s’est donné les moyens de faire des études supérieures, convaincue que cela serait notre badge d’entrée dans le monde du travail. Mais il faut savoir surmonter les épreuves et dépasser le sentiment de désillusion. J’ai donc décidé de créer mon auto-entreprise ! Tadam ! Ce qui demande beaucoup de travail, beaucoup de rigueur, de la créativité à foison, de l’investissement (pour ne pas dire un véritable don de soi !), de la détermination, une bonne dose de confiance en soi, des moyens, des outils, des méthodes, de l’organisation, des temps de formation, et l’envie de développer son activité afin de pouvoir en vivre.

Si j’écris cet article, c’est parce que je sais que je ne suis pas la seule à m’apprêter à devenir mère alors que ma situation professionnelle n’est pas idéale. Etre au chômage, au RSA, ou dans toutes autres postures socio-économiques bancales et précaires n’a rien de glorieux, surtout lorsque l’on est une mère et un parent en devenir ! Cela peut même générer beaucoup de stress et d’angoisse.

Et si j’écris cet article, c’est justement pour partager avec vous mon expérience et vous donner la force de ne pas céder à la panique. Même si vos revenus sont faibles et que vous vous demandez comment vous allez faire pour vous en sortir, sachez qu’il existe TOUJOURS une solution. Par ailleurs vous n’êtes pas seule et vous avez les ressources de tout mettre en œuvre pour accueillir votre enfant dans les meilleures conditions.

Il y a quelques années, lorsque je me projetais, je m’imaginais fonder ma famille à la seule et unique condition d’avoir un poste de cadre bien rémunéré. L’emploi, la maison (achetée bien évidemment !), le chat, les chaussons, un parfait petit rêve social procédant d’une construction totalement erronée.

Mon expérience personnelle, la vie, les rencontres, les échanges avec d’autres femmes m’ont permis de comprendre et de réaliser qu’il n’existe pas de contexte idéal pour fonder sa famille et devenir mère.

Bien sur, il est normal que vous ayez des préférences quant à la façon dont vous souhaitez fonder votre famille. Mais ce schéma ne doit pas devenir un objectif fixe et rigide. La vie est en mouvement. La vie est surprenante (déroutante parfois), et les choses ne se passent pas toujours comme nous les avions imaginées. Est-ce si grave ? Le challenge consiste à suivre le flot, à s’adapter à ce qui nous est donné de vivre et d’expérimenter.

Je souhaite donc partager avec chaque maman expérimentant cette situation de chômage des énergies positives. Cette période n’est que passagère, ce n’est qu’une étape de votre vie ! Vivez l’expérience et apprenez l’enseignement, mais ne vous identifiez pas à cette dernière. Ne sombrez pas dans la déprime, l’anxiété et le mal-être, aussi compliquée soit cette situation efforcez-vous de relativiser, votre vie ne se limite pas qu’à cette réalité.

Concentrez-vous sur votre rôle de mère, et demandez-vous ce à quoi vous aspirez professionnellement pour sortir de l’impasse et aller de l’avant afin de concilier vie familiale et vie professionnelle !

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